:
Présentation de l'artiste et de quelques-unes de ses promenades, de ses visites, de ses œuvres : dessins, aquarelles, lavis à l'encre et photographies
Le monstre marin de la rue Gambetta.La gargouille en pierre calcaire représente un monstre marin type dauphin. Elle daterait du 16e ou 17e siècle. Après avoir été réparée en 2011 (elle ne fonctionnait plus depuis des années), cette fontaine donne une petite note de fraîcheur et d’étrangeté dans la rue commerçante à proximité de l’église Saint-Porchaire.
Cette sculpture de pierre représente-t'elle la Grand'Goule, d'après les infos de la mairie de Poitiers, peut-être, mais d'après le service du Patrimoine et de la culture, pas du tout, mais le thème de la sculpture de pierre de cette fontaine est un monstre marin
Voir aussi autre article sur la fontaine Amiel place Charles VII :
Animal fantastique représenté sous la forme d’un dragon ailé, la Grand’Goule tient une place privilégiée dans l’imaginaire et le bestiaire poitevins. La tradition populaire l’associe généralement au culte de sainte Radegonde (v. 519-587). La bête aurait vécu au VIe siècle dans les eaux du Clain et dévorait toutes les sœurs qui s’aventuraient dans les souterrains de l’abbaye Sainte-Croix. La sainte aurait alors combattu l’animal à l’aide d’une croix, d’eau bénite et de prières.
En réalité, sans que l’on sache exactement à quand remonte cette légende, les origines - probablement païennes - et l’histoire de la Grand’Goule restent encore obscures, de même que celles de toutes les figures monstrueuses de ce genre (Tarasque de Tarascon, Gras-ouilli de Metz, gargouille de Rouen, guivre de Milan, etc). Les premières mentions textuelles attestées proviennent du XVe siècle. Dans deux actes datés de 1466 et 1496, on apprend que le mardi et le mercredi des Rogations (les trois jours précédant l’Ascension), les chanoines de Sainte-Radegonde portent en procession dans toute la ville plusieurs objets de l’abbaye Sainte-Croix, dont une bannière précisément appelée le Dragon. Cette manifestation est une des plus populaires de la ville jusqu’à la Révolution. Si bien qu’en 1677, à la demande des sœurs de l’abbaye Sainte-Croix, Jean Gargot (maître-sculpteur à Poitiers ayant vécu entre 1655 et 1691) réalise une sculpture de la Goule en bois polychrome (L. 1,85 m, l. 0,77 m, h. 0,57 m) à porter en procession au bout d’un long bâton. Cette œuvre, aujourd’hui conservée au Musée Sainte-Croix, est le seul témoignage visuel connu parvenu jusqu’à nous. Le corps de l’animal, entièrement annelé, est doté d’ailes de chauve-souris, d’une épine dorsale, de deux pattes ressemblant à des serres d’aigles et d’une longue queue terminée en pince de scorpion dentelée. Sa tête est pourvue de gros yeux enfoncés, d’une gueule grande ouverte munie de multiples dents pointues, d’un bec d’aigle et d’une longue langue à l’extrémité fourchue.
La Grand’Goule d’abord considérée comme l’image de la victoire du Christ sur le Mal devient, au fil des siècles, l’un des objets les plus vénérés lors des processions. La bête est en effet décorée de banderoles de tissus de couleurs diverses, sa queue de rosettes et on jette dans sa gueule des cerises et des pâtisseries poitevines appelée casse-museaux. Les femmes frottaient leur chapelet contre son corps en criant « Bonne sainte veurmine (venant de « vermine » nom donné à tous les animaux venimeux), priez pour nous ». Figure protectrice et symbole de Poitiers, la Grand’Goule a depuis donné son nom à une revue littéraire poitevine, dont elle illustre l’en-tête de 1929 à 1934, et à une discothèque de la ville. Utilisée à des fins publicitaires, comme pour le logo de la mutuelle du Poitou, elle est également l’emblème du Stade poitevin.
Légende :
La bête, décrite comme un dragon monstrueux, aurait vécu au temps de Sainte Radegonde, donc au vie siècle de notre ère. Elle vivait au fond du Clain, et, lors de la montée des eaux, entrait dans les caves labyrinthiques qui traversaient le sol poitevin. Elle venait souvent dans les caves de l'abbaye Sainte-Croix, et dévorait toutes les malheureuses moniales qui s'y aventuraient. Désireuse d'en finir avec la bête, Radegonde s'arma d'une petite croix, puis d'eau bénite, et, une fois face à face avec la bête, l'aspergea, dit une prière, et la bête disparut dans d'atroces souffrances.
La légende est une des plus populaires de Poitiers, et elle est liée à la tradition festive de la ville.
En 1677, l'abbesse de Sainte-Croix fit commande à l'ébéniste poitevin Jean Gargot d'une effigie en bois de la Grand'Goule, destinée aux processions du (jour de la Sainte Radegonde). Le dragon était promené dans les rues, et la tradition voulait que les enfants y jettent des petits gâteaux – appelés casse-museaux – en disant cette prière : « Boune sainte vermine, priez pour nous ! » Cette procession s'est arrêtée au xixe siècle, et le dragon de bois, après avoir séjourné dans le grenier du Grand Séminaire de Poitiers, se trouve dans les collections du musée Sainte-Croix.
Si la légende est une variante locale du combat entre le bien et le mal, inspiré de la lutte de saint Michel contre Satan sous forme de dragon, la bête est devenue par la suite une figure protectrice, comme l'évoque la prière. On retrouve des légendes semblables, à Tarascon par exemple, avec la tarasque terrassée par Sainte Marthe, Metz avec la légende du Graouilly ou encore Saint Romain qui libère Rouen de la Gargouille.
La légende alternative :
Une variante de la légende affirme que ce n'est pas sainte Radegonde qui terrassa la Grand'Goule, mais un condamné à mort à qui on avait promis la grâce en échange de cet exploit. Les détails de cette histoire varient. Ainsi selon certaines sources cela se passa tout de même à l'époque de la sainte (vie siècle), pour d'autres à une période beaucoup plus récente ; pour certains le prisonnier en sortit indemne, tandis que pour d'autres, « le masque de verre qu'il avait mis sous la visière de son casque s'étant brisé, l'haleine pestilentielle du dragon l'aurait empoisonné ».
Origine possible :
L'Écossais sir John Lauder de Fountainhall, qui vécut à Poitiers entre 1665 et 1666, rapporte lui aussi cette version de la légende dans son journal de voyage, mais en présentant la Grand' Goule comme un crocodile. Plus particulièrement, il affirme que l'histoire est celle d'un crocodile empaillé visible à l'époque au Palais des comtes du Poitou : « Là est attachée à une muraille avec des chaînes de fer la carapace d'un hideux crocodile ; bien qu'elle soit infiniment réduite (il y a des centaines d'années que la bête a été tuée), elle est monstrueusement grande, avec une gueule énorme. » On ne sait pas ce que ce crocodile est devenu, mais il n'est pas le seul spécimen introduit en France à l'époque. Dans les Deux-Sèvres à Oiron se trouve un crocodile empaillé qui y aurait été ramené au xvie siècle par l'amiral Bonnivet ou par son petit-fils.
Robert Mineau avance l'hypothèse que ce crocodile empaillé est déjà le centre de plusieurs histoires une dizaine d'années avant la création de l'effigie de procession pourrait être le noyau primitif autour duquel s'est constitué la légende. Cette explication n'est pas nécessairement contradictoire avec celle de la légende traditionnelle de la lutte entre le dragon et la foi, mais il est possible que le crocodile du Palais et les histoires qui se sont formées autour de lui aient contribué ou aient ranimé ce qui est devenu la légende de la Grand' Goule.
Bellin de La Liborlière (Léon-François-Marie),Vieux souvenirs de Poitiers d’avant 1789, Poitiers, 1846, p. 131, 137-209
Bellin de La Liborlière (Léon-François-Marie), « Appendice à l’article sur la Grand’Gueule », dansBulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1847, p. 8-18
Rédet (Louis), « Un épisode des processions des Rogations à Poitiers en 1466 », dansBulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, t. VIII, 1856-1858, p. 210-218
Barbier de Montault (Xavier), « Le trésor de l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers avant la Révolution », dansMémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1881, p. 228-248
Briand (Emile),Histoire de Sainte Radegonde, Poitiers-Paris, 1898, p. 395-398
Favreau (Robert), « Histoire de l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers », dansMémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, t. XIX, 1986, p. 195 et 355
Favreau (Robert), « Le culte de Sainte Radegonde à Poitiers au Moyen Âge », dansLes religieuses dans le cloître et dans le monde, Saint-Etienne, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 1994, p. 101-102
Mineau (Robert), Racinoux (Lucien), La Vienne légendaire et mythologique : être fabuleux, mythes anciens, légendes historiques et hagiographiques, Poitiers, 1995-2000 (1978), p. 134-137
Le Palais demeure aujourd’hui l’un des plus remarquables exemples d’architecture civile médiévale en France.
Construit au sommet et au centre de la ville, le palais des comtes de Poitiers et ducs d’Aquitaine a traversé les siècles et les régimes politiques. Dans ses affectations successives, il a toujours eu un rôle important dans la ville, ainsi que dans l’histoire du Poitou et de l’Aquitaine. Ce lieu de pouvoir emblématique est aussi un exemple exceptionnel d’architecture civile médiévale. Il est aujourd’hui l’objet de projets de mise en valeur, suite au départ prochain du Palais de justice qu’il abrite
Une visite du Palais des comtes de Poitiers et des ducs d'Aquitaine en mai 2023
L'Entrée du Palais construite en 1822
La grande salle : entre 1199 et 1204, Aliénor d'Aquitaine fait bâtir la grande salle (parfois désignée par son nom latin, aula), qui remplace une autre plus ancienne. Sans nom particulier à l'époque, cette salle (50 × 16,85 mètres) était probablement la plus vaste de l'époque en Europe mis à part le Westminster Hall de Londres qui lui est apparenté. L’ancien « pont de la salle » du xiie siècle existe encore dans les constructions modernes de l'actuelle rue du marché. La salle n'a pas de plafond, et on peut voir la charpente en châtaignier, construite en 1862 par les charpentiers de marine de La Rochelle. Les murs de la salle sont ornés d'arcatures aveugles supportées par de fines colonnettes, avec une organisation différente selon le mur. Des têtes grimaçantes et des personnages ornent les culots des colonnes. Ce type d'ornement est fréquent dans l'art gothique dit « plantagenêt » angevin, ou encore « gothique de l’Ouest ». On le retrouve à la cathédrale de Poitiers, édifice contemporain. Les murs ont été enduits et peints au xixe siècle de motifs imitant la pierre en grand appareil. Une banquette de pierre fait le tour de la salle. Elle fut utilisée comme « salle des pas perdus » du palais de justice jusqu'en 2019.
A partir de 1388, l'architecte Guy de Dammartin reconstruit entièrement le mur sud de la salle, à la demande de Jean de France, duc de Berry.
Le mur reçoit alors trois cheminées monumentales, un balcon et de vastes baie. Il est largement éclairé par de hautes verrières que traversent les conduits des cheminées. Le raffinement de cette réalisation traduit l'apogée de l'art gothique, à l'aube du style flamboyant.
Encadrant les gâbles des fenêtres, quatre statues monumentales rappellent les anciens maîtres des lieux, à savoir le roi Charles VI et la reine Isabeau de Bavière, entourés du duc de Berry et de sa seconde femme Jeanne de Boulogne. Les cheminées portent une ornementation très soignée avec notamment les anges tenant les blasons.
Ces derniers refaits au XXème, représentent de gauche à droite les armes de Berry, les armes de France et celle de Boulogne.
La charpente est refaite à plusieurs reprises, la dernière fois entre 1861 et 1865. Des mentions du XVIIème siècle laissent penser que la salle était à l'origine couverte d'un lambris
Détails des cheminées
Documentation Le Palais des ducs d'Aquitaine de Poitiers
Où se situe le Palais des ducs d'Aquitaine et des comtes de Poitiers et Poitou ?
Le Jugement dernier sur le tympan du portail central, façade occidentale
Vue intérieure de la cathédrale avec ses trois vaisseaux
Le vaisseau central
Les grandes orgues de la cathédrale
Les gargouilles de la cathédrale
Quelques informations sur la cathédrale de Poitiers : (XIIème au XIVème siècle, de style gothique angevin *) La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers est une cathédralecatholique romaine située à Poitiers, dans le département de la Vienne et la région Nouvelle-Aquitaine. Elle est le siège de l'archidiocèse de Poitiers. En plus de son titre d'église archiépiscopale, elle a rang de basilique mineure depuis le . Moins connue que l'église Notre-Dame-la-Grande, cet immense vaisseau de pierre est pourtant le plus vaste édifice religieux de la ville et un repère visible de loin dans le paysage urbain. Construite à l'initiative d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt à partir de 1160, consacrée en 1379, elle est de style gothique angevin (emploi de voûtes bombées sur plan carré) et s'apparente aux églises-halles par sa division en trois vaisseaux de hauteur presque égale. La façade, cantonnée de deux tours inachevées, emprunte des éléments à la grammaire stylistique du nord de la France. L'intérieur conserve des stalles du xiiie siècle et une collection de vitraux historiés datant des xiie et xiiie siècles, parmi lesquels une Crucifixion, comptant parmi les sommets de l'art du vitrail médiéval français.
Une visite à l'église Sainte-Radegonde à Poitiers le 23 mai 2023
Construite au VIème siècle par la reine des Francs Radegonde sous le vocable de Sainte-Marie-hors-des-murs, l'église est renommée Sainte-Radegonde à la mort de sa fondatrice en 587 après que son corps y fut inhumé. L'édifice mentionné au VIème siècle, servait de sépultures pour les religieuses de l'abbaye. A cette époque, elle est placée sous le vocable de la Vierge Marie et se nomme "Sainte-Marie-hors-les-murs". Elle est construite à l'extérieur du rempart en raison de son usage funéraire; en effet la muraille gallo-romaine, bâtie à la charnières des IIIème et IVème siècle, passait entre cette église et la cathédrale Saint-Pierre. Durant la période mérovingienne, on avait conservé la tradition romaine de pratiquer les inhumations extra muros pour des raisons sanitaires (voir la loi des Douze Tables). A la mort, en 587, de Sainte-Radegonde, qui y fut enterrée, elle prit son nom définitif.
Plan de la ville médiévale et contemporaine
Elle abrite toujours la tombe de la sainte patronne de la ville, reine du peuple franc et épouse du roi Clotaire Ier. Elle avait créé à Poitiers la première abbaye féminine de Gaule, l'abbaye Sainte-Croix. Sur ordre de l'abbesse Béliarde, le corps de Sainte Radegonde est exhumé, en 1012, et l'église est rebâtie après le grand incendie de 1083. La dédicace du nouvel édifice, dont subsistent le chevet et les premiers étages du clocher-porche, est mentionnée en 1099. Elle est, à la fois, église paroissiale et collégiale. Elle a à sa tête un prieur qui est nommé par l'abbesse de Sainte-Croix. Elle est desservie par une communauté de clercs, organisée en un collège de chanoines à partir du xe siècle. Les chanoines assurent le service de la prière des heures auprès du tombeau de la sainte. L'abside avec sa crypte et son déambulatoire ainsi que l'étage inférieur de la tour semblent remonter à cette époque. La nef est une construction plus récente. Elle daterait du xiiie siècle. Elle fut voûtée au xive siècle. Au temps des guerres de Religion, elle est saccagée en 1562 par les réformés. D'après une relation contemporaine des ambassadeurs de Venise, le corps de la sainte lui-même ne fut pas épargné. L'église a été classée Monument Historique en 1862.
Le vitrail d'Aliénor : Aliénor d'Aquitaine confirmant la charte de commune en 1199 par A. Steinheil, Salon d'Honneur.
Le Salon d'honneur : le décor du plafond Du Guesclin délivrant Poitiers des Anglais par le peintre Jean-Baptiste Brunet
La Salle du Blason, ancienne salle du conseil municipal :
Les œuvres de la salle du Blason
Bonne visite !
Historique de l'Hôtel de ville de Poitiers :
Édifié entre 1869 et 1875, l'hôtel de ville de Poitiers est le point final d'un vaste projet d'urbanisation du centre-ville, entamé avec l'arrivée du train en 1851 et la construction de la préfecture entre 1864 et 1869. La décision est également prise de réaliser un large boulevard d'inspiration haussmannienne, reliant le nouvel édifice départemental à la place d'Armes : ce nouvel axe, actuelle rue Victor-Hugo, devait faire office de voie triomphale ouvrant sur le nouvel hôtel de ville. Auparavant, l'hôtel de ville était installé à l'échevinage. Antoine-Gaétan Guérinot est choisi comme architecte. Les travaux commencés en 1869, interrompus lors de la guerre de 1870, ne seront terminés qu'en 1875.
Par arrêté du , les façades, toitures ainsi que le grand escalier sont inscrits au titre des monuments historiques.
Cet édifice date du VIIème siècle (vers 630-700 ) pour l'essentiel de sa structure et de son décor. Il s'agit d'un rare monument d'époque mérovingienne conservé en élévation en France, autant que d'un rare baptistère.
Un baptistère, entre Antiquité tardive et Moyen Âge
Au moment de la christianisation des villes de l'Empire romain, deux édifices deviennent indispensables : la cathédrale, église de l'évêque et un bâtiment dédié au baptême qui lui est annexé. Le baptême concerne alors les adultes et se pratique par immersion ; le catéchumène (postulant au baptême chrétien) devait entrer dans un monument creusé dans le sol.
Le baptistère dans l'Histoire :
Le baptistère au Vème siècle et la cathédrale ?
Le baptistère du VIIème siècle
Le baptistère actuel :
Les sarcophages non d'époque 22 69
Rosaces 80
Décor d'étoiles inscrites , de cordes entrelacées 18
Motifs symboliques, colombes buvant dans un calice 53, Croix ancrées 22, Décor des frontons du bâtiment 46 et D Croix montées sur une hampe 89 , Chrisme 77
Quelques images de cette visite du mardi 23 mai 2023
Le baptistère vues extérieures
Documentation Association du Baptistère de Poitiers
Documentation du baptistère de Poitiers sources associative
Dans l'architecture chrétienne, un baptistère (en latin baptisterium « piscine », « bassin pour les bains froids », du grec βαπτίζω / baptízô, « immerger, plonger ») est un bâtiment — le plus souvent isolé et de plan centré — spécifiquement destiné à pratiquer le baptême chez les chrétiens. Comportant une piscine baptismale, creusée à même le sol pour les premiers chrétiens qui pratiquent le baptême par immersion ou une cuve baptismale non enterrée à partir du viiie siècle quand l'administration du baptême n'est plus le seul privilège de l'évêque (ces fonts baptismaux ayant parfois disparu), il est au contact ou très proche d'une église ou le plus souvent d'une cathédrale au sein d'un groupe cathédral. Ces édifices sont souvent, comme les fonts baptismaux qu'ils abritaient, de formes ronde ou polygonale.
Le baptistère Saint-Jean situé à Poitiers est un très ancien monument chrétien, dont l'origine remonte à la deuxième moitié du ive siècle, début du ve siècle. Bien que fortement remanié au cours des siècles, il est le bâtiment qui illustre le mieux la dépendance de l'architecture mérovingienne avec ses assises antiques, mais aussi l'abandon des principes classiques. Sauvé de la démolition en 1834, il a fait l'objet de nombreuses campagnes de fouilles donnant lieu à des synthèses controversées. Il renferme un espace muséal avec les collections mérovingiennes de la Société des antiquaires de l'Ouest. Le contexte :
Le baptistère Saint-Jean de Poitiers est depuis 1750 un sujet de débat entre les partisans d'un édifice chrétien et ceux d'un temple païen, mais il devient aussi un exemple de l'évolution de l'archéologie et de ses limites, d'une histoire de l'art romantique et intuitive à l'établissement de typologies. Avec les connaissances actuelles, il est probable qu'il fasse partie d'un groupe cathédral. Le bâtiment conservé est construit au ve siècle à l'emplacement d'une salle baptismale aménagée dans une domus à l'est de la cathédrale. Au vie siècle, son plan est modifié avec l'organisation de nouveaux espaces intérieurs. Au viie siècle, l'ensemble est embelli par la pose de parements et d'un décor sculpté. Les travaux de l'époque carolingienne semblent destinés à l'adaptation des structures aux nouvelles pratiques liturgiques et ecclésiales. Pendant le xie siècle, la reconstruction de la partie ouest à pans coupés et la pose de peintures murales lui donne son aspect définitif. L'intérêt et les travaux effectués sur cet édifice par l'Église de Poitiers semblent montrer la volonté de sauvegarder ce symbole fort de la présence chrétienne dans la ville dans l'Antiquité. Après la Révolution, sauvé de la destruction, il devient un objet de recherches scientifiques, un bien patrimonial et culturel.
Le sauvetage :
Vue sur l'abside mérovingienne
En 1831, les élus de la ville souhaitent créer une voie entre le pont sur la rivière Clain et le centre de la ville. Son emprise passe sur le baptistère ce qui provoque de nombreux conflits. Après de multiples péripéties, le ministre sous l'influence d'Arcisse de Caumont directeur de la Société française pour la conservation des monuments nationaux, de Charles de Chergé de la société locale d'archéologie et du préfet ordonne dès janvier 1834 l'acquisition de l'édifice par l'État. Le ministre fait faire des réparations sans se préoccuper de la destination finale du bâtiment. La Société des antiquaires de l'Ouest et la ville considèrent le local apte à recevoir leurs collections lapidaires et l'État leur en accorde la jouissance. En juin 1838, l'église Saint-Jean devenue Musée des Antiquités de l'Ouest est ouvert.
Une visite de l'église Notre-Dame-La-Grande en mai 2023
De toutes les églises romanes de Poitiers, Notre-Dame-La-Grande est celle qui a conservé son plan et sa silhouette romane, malgré de b nombreux ajouts au fil des siècles. N'ayant pas de transept, elle n'a pas la forme en croix latines de la plupart des églises. Enserrée dans un tissu urbain médiéval très dense et limitée par les constructions existantes et les voies de circulation, l'église conserve de fait un léger désaxement au niveau de la croisée qui, surtout depuis le dégagement de l'église au XIXème siècle, peut sembler mystérieux.
La nef est couverte d'une voûte en berceau (voûte en plein cintre formant un demi cylindre, propre à la période romane).
Selon une disposition typiquement poitevine et saintongeaise, les collatéraux, voûtés en arêtes (voûte formée par deux voûtes en berceau qui se croisent en angle droit), ont une hauteur considérable avoisinant celle de la nef. C'est le principe de l'éclairage indirect, la nef ne pouvant pas recevoir d'autres ouvertures. Ce sont les murs des collatéraux qui sont percés de fenêtres réduites mais évasées vers l'intérieur. Le chœur est entouré de six colonnes aux chapiteaux corinthiens, puis d'un déambulatoire (passage semi circulaire aménagé autour du chœur, généralement destiné à donner accès aux chapelles) et de chapelles rayonnantes.
Une petite crypte a été aménagée, à posteriori, sous le chœur du XIème siècle.
La façade de l'église
Une silhouette romane
Détails des sculptures de la façade
Vestige du cloître de l'église avec la cour de la faculté de Droit
L'intérieur de l'église :
Les magnifiques colonnes et chapiteaux colorés
Peintures intérieures du XIXème siècle des colonnes et chapiteaux
La Mise au tombeau du Christ Chapelle Sainte-Anne, dite du Fou
Détails de la Mise au tombeau du Christ Années 1500 Provenance ancienne abbaye de la Trinité de Poitiers
Street art proche de l'hôtel de ville proche galeries du centre ville et Ile Tison
Le musée Sainte-Croix de Poitiers
La Roseraie de Poitiers
Le monde végétal du parc
Le monde animal du parc
L'étang de la roseraie et ses nénuphars blancs en mai
Les anciennes murailles de la ville de Poitiers :
Limunum cité antique
Encerclée par ses 6,5 kilomètres de murailles, Poitiers conserve auxviiiesiècle un aspect de cité médiévale. Rehaussée de créneaux et de mâchicoulis, l’enceinte, qui alterne entre angles rentrants et sortants, possède de trente à soixante tours et demi-tours.
La cité de Poitiers en 1885
Une vue des anciennes murailles sud de Poitiers ce jour
Les magnifiques cartes de visite de la villes de Poitiers : site www.croctoo.fr
Bonne visite !
Le Grand Poitiers et ses activités environnantes :
Merci à Mauricette et Jacky, nos hôtes poitevins !