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Présentation de l'artiste et de quelques-unes de ses promenades, de ses visites, de ses œuvres : dessins, aquarelles, lavis à l'encre et photographies
La cathédrale Notre-Dame de Paris accueille un nouveau reliquaire destiné à conserver la précieuse couronne du Christ, trésor de la chrétienté. Ce meuble contemporain était encore en pièces détachées lorsqu'il a été présenté à la presse, le 6 novembre 2024, dans les Ateliers Saint-Jacques et la Fondation de Coubertin installés à Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines), avant d'être livré à la cathédrale le 19 novembre.
Pour bien comprendre de quoi il s'agit, il faut remonter à la nuit du 15 au 16 avril 2019 pendant l'incendie de Notre-Dame. Dans la cathédrale, des pompiers luttent contre le feu au péril de leur vie et tentent aussi de sauver les objets les plus précieux. L'un d'eux a une valeur inestimable : la couronne d'épines qui, selon la tradition chrétienne, fut posée sur la tête de Jésus pendant la Passion, juste avant sa crucifixion. Épargnée par les flammes, c'est à la Mairie de Paris, dans le coffre d'Anne Hidalgo, qu'elle aurait trouvé refuge cette nuit-là.
Le père Guillaume Normand, vice-recteur de la cathédrale, rappelle qu'"il a fallu casser le reliquaire qui était l'habillage d'un coffre sécurisé. Il a ensuite fallu trouver le code pour ouvrirce coffre et récupérer la couronne", une scène que reconstitue Jean-Jacques Annaud dans le film Notre-Dame brûle en 2022. Le vice-recteur explique que cette couronne posée sur la tête du Christ est "un signe d'humiliation" et que "son existencenous est attestée par les Évangiles, c'est-à-dire par les récits qui nous parlent de la vie de Jésus".
Historiquement, la couronne a d'abord été conservée à Constantinople [Istanbul aujourd'hui] avant d'être achetée à prix d'or par le roi Saint Louis en 1239. "Elle est en France depuis le XIIIe siècle, indique-t-il, et personne d'autre n'en revendique la possession. C'est un objet très singulier, unique." Selon le clerc, "ce sont les éléments physiques, tangibles et matériels qui nous rappellent que, ce que Jésus a vécu, ce n'est pas simplement une histoire dans un livre que l'on feuillette (...) ce sont des événements historiques qui se sont vraiment passés".
Le meuble contemporain conçu par Sylvain Dubuisson avec Tiphaine Maire mesure 3,65 mètres de haut sur 2,85 mètres de large. Il est composé de plus d'un millier de pièces. Dans un bloc de marbre de Carrare, les tailleurs de pierre des Ateliers Saint-Jacques ont ciselé un autel marqué d'une croix et couvert de petites bougies à LED. Au-dessus, sur une structure en bois de cèdre, une grande auréole couverte de 396 pavés de verre sera fixée.
Le maître verrier Olivier Juteau et sa compagne Catherine Denoyelle finissent d'attacher ces cabochons sur un grand disque avec de micro-vis qui seront masquées par une résille en laiton. "C'est un travail entièrement manuel réalisé avec une vieille presse à verre du XIXe siècle avec un moule assez simple et un poinçon en forme de croix qui pénètre dans le verre et qui laisse son empreinte en se retirant." Il assure que "le fait qu'ils soient tous légèrement différents génère une vibration qui ne se serait pas produite avec des pavés d'origine industrielle.
Voir aussi les autres articles du blog sur la Couronne d'épines du Christ :
Une visite à la cathédrale Notre-Dame de Paris le 2 mai 2025
En 1163, sur l'île de la Cité, sur les fondations d'anciens sanctuaires chrétiens, l'évêque Maurice de Sully pose la première pierre de Notre-Dame de Paris. Cette construction marque le début d'un projet audacieux qui s'étendra sur près de deux siècles.
Commencée sous l'impulsion de l'évêque Maurice de Sully, sa construction s'étend sur environ deux siècles, de 1163 au milieu du XIVe siècle. Après la Révolution française, la cathédrale bénéficie entre 1845 et 1867 d'une importante restauration, parfois controversée, sous la direction de l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, qui y incorpore des éléments et des motifs inédits, dont une nouvelle flèche. Pour ces raisons, le style n'est pas d'une uniformité totale : la cathédrale possède certains des caractères du gothique primitif et du gothique rayonnant. Les deux rosaces qui ornent chacun des bras du transept sont parmi les plus grandes d'Europe.
La cathédrale inspire de nombreuses œuvres artistiques, notamment le roman de Victor HugoNotre-Dame de Paris paru en 1831 et qui influence en retour en partie son histoire. Au début du XXIe siècle, Notre-Dame est visitée chaque année par quelque 13 à 14 millions de personnes. L'édifice, aussi basilique mineure, est ainsi le monument le plus visité en Europe et l'un des plus visités au monde jusqu'en 2019, et de ceux qui ont suscité une réflexion sur une régulation des flux touristiques.
Le violent incendie du détruit la flèche et la totalité de la toiture couvrant la nef, le chœur et le transept. Il s'agit du plus important sinistre subi par la cathédrale depuis sa construction. Dès lors, Notre-Dame a été fermée au public. La reconstruction à l'identique des parties détruites ou gravement endommagées est décidée en 2020. La cérémonie officielle de réouverture de Notre-Dame a lieu le et l'ouverture au public le .
La façade de la cathédrale
Quelques photographies de la visite du jour
La Sainte Couronne du Christ :
La Sainte Couronne d’épines et les reliques de la Passion
La Couronne d’épines, une portion du Bois de la Croix et un Clou de la Passion sont aujourd’hui conservés à Notre-Dame de Paris, dans la châsse-reliquaire de la chapelle axiale. D’après les évangiles de saint Matthieu, saint Marc et saint Jean, les soldats romains, dans la nuit du Jeudi au Vendredi saint, se moquèrent du Christ en lui plaçant une couronne d’épines sur la tête avant de le crucifier. Ces reliques, redécouvertes selon la tradition par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, furent vénérées dès la fin du IVe siècle à Jérusalem, puis transférées à Constantinople au Xe siècle. En 1238, le roi Saint Louis acquit la Couronne d’épines auprès de l’Empereur latin d’Orient. Elle arriva à Paris le 19 août 1239 et fut portée en procession à Notre-Dame. Pour la conserver, Saint Louis fit édifier la Sainte-Chapelle.
Malgré la fonte des reliquaires sous la Révolution française, les reliques furent préservées. Elles sont remises par Napoléon Ier à l’archevêque de Paris et déposées au trésor depuis 1806.
Depuis plus de seize siècles, ces précieuses reliques de la Passion du Christ sont l’objet de vénération par les fidèles. Elles invitent les croyants à contempler le Mystère pascal, cœur de la foi chrétienne, et à accueillir la Promesse de vie éternelle que le Christ offre à l’humanité tout entière.
La réalisation du nouveau reliquaire réalisé à Saint-Rémy-les-Chevreuse par les Ateliers Saint-Jacques à lla fondation Coubertin conçu par l'architecte designer Sylvain Dubuisson, le maître verrier : Olivier Juteau et Patrick Rimoux, éclairage led du reliquaire-châsse et de la cathédrale (4800 heures de travail).
Le portail du Jugement Dernier, situé au centre de la façade, est le plus élevé et le plus large ! Il se compose de plusieurs parties: les linteaux, le trumeau, le tympan et les voussures. Ce portail rappelle aux fidèles que Dieu pèsera un jour leurs vices et vertus pour décider s’ils seront emmenés en enfer ou au paradis.
Le portail de la Vierge nord
Quelques chiffres :
La reconstruction de Notre-Dame de Paris a coûté environ 700 millions d'euros au total. Ce qui comprend environ 150 millions d'euros pour la sécurisation du lieu. A peu près 550 millions d'euros pour la reconstruction et la restauration. Il reste environ 140 à 150 millions d'euros de dons non utilisés.
Dix faits en chiffres sur Notre-Dame de Paris :
1-
Notre-Dame de Paris est vaste, très vaste ! La cathédrale mesure128 mètres de longueur et 48 mètres de largeur au niveau du transept, faisant d’elle l’un des plus grands édifices religieux de son époque. Ces dimensions impressionnantes témoignent de l’ambition architecturale des bâtisseurs médiévaux, qui ont conçu un espace capable d’accueillir jusqu’à 9 000 personnes, renforçant ainsi le rôle central de la cathédrale dans la vie religieuse et sociale de Paris.
2-
La voûte de la nef de Notre-Dame de Paris s’élève à33 mètres de hauteur, une prouesse architecturale qui illustre l’ingéniosité des bâtisseurs gothiques (dirigés par Jean de Chelles et son successeur Pierre de Montreuil). Cette élévation permet non seulement d’accueillir un vaste espace pour les fidèles, mais aussi d’inonder l’intérieur de lumière grâce aux grandes fenêtres et aux vitraux qui ornent la cathédrale.
3-
Cinq ans c’est le temps, incroyablement court, qu’il a fallu pour reconstruire Notre-Dame de Paris. Ce chantier a pu être mené en un temps record grâce à la mobilisation inédite de2 000 compagnons et artisans d’art.
4-
Les tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris mesurent69 mètres de hauteur, ce qui équivaut à la hauteur d’un immeuble de 26 étages. Ces structures emblématiques, accessibles au public, offrent une vue panoramique exceptionnelle sur Paris et permettent d’admirer les détails architecturaux de la cathédrale, notamment ses célèbres gargouilles et chimères.
La flèche de Notre-Dame de Paris culmine à96 mètres du sol, ce qui en fait un élément emblématique de l’architecture de la cathédrale.
Conçue par Viollet-le-Duc en 1859 elle est ornée de statues en cuivre des douze apôtres et des quatre évangélistes, avec une charpente en chêne recouvert de plomb. Reconstruite à l’identique après l’incendie de 2019, elle est non seulement une prouesse technique, mais également un symbole fort de la résilience et du patrimoine culturel français.
6-
La charpente de Notre-Dame de Paris, surnommée « la forêt » en raison du nombre impressionnant de poutres, a nécessité près de21 hectares de chênes pour sa construction au Moyen Âge. Cette immense quantité de bois, provenait d’environ 2 000 chênes, était essentielle pour soutenir la toiture et créer l’espace majestueux que l’on admire aujourd’hui dans la cathédrale. Pour sa reconstruction, après l’incendie de 2019 Notre-Dame, pas moins de2 400 chênes, issus de forêts publiques et privées, ont été sélectionnés pour redonner vie à l’édifice.
7-
La toiture de Notre-Dame de Paris est recouverte de1 320 plaques de plomb, pesant au total plus de210 tonnes, ce qui en fait un élément essentiel de sa structure. Ce matériau a été choisi pour sa durabilité et son étanchéité, ce qui protége la cathédrale des intempéries tout en préservant son caractère historique.
8-
Après l’incendie dévastateur de Notre-Dame de Paris en 2019, un élan de solidarité mondiale a permis de récolter des fonds pour sa restauration, avec la contribution de340 000 donateurs provenant de 150 pays. Dont 45 000 américains.
L’engagement international suscité par Notre-Dame de Paris a permis de collecter848 millions d’euros, illustrant l’importance culturelle et historique de la cathédrale pour des millions de personnes à travers le monde. La reconstruction de Notre-Dame de Paris a coûté environ 700 millions d’euros au total. Ce qui comprend environ 150 millions d’euros pour la sécurisation du lieu. A peu près 550 millions d’euros pour la reconstruction et la restauration. Il reste environ 140 à 150 millions d’euros de dons non utilisés. Ces fonds seront consacrés à une troisième phase de travaux qui débutera en 2025, après la réouverture de la cathédrale au public.
10-
Notre-Dame de Paris accueillera, samedi 7 décembre 2024, environune centaine de personnalités, dont des chefs d’État et des personnalités éminentes du monde politique et artistique. Parmi les invités notables figurent Donald Trump, Jill Biden, ainsi que d’autres dirigeants internationaux, dans un événement marquant la réouverture de la cathédrale après sa restauration.
Les invités du 7 décembre 2024, pour la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris
Donald Trump, président élu des États-Unis.
Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine.
Frank-Walter Steinmeier, président de l’Allemagne.
Sergio Mattarella, président de l’Italie.
Andrzej Duda, président de la Pologne.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
Denis Sassou-Nguesso, président de la République du Congo.
Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo.
Brice Oligui Nguema, président du Gabon.
Faure Gnassingbé, président du Togo.
Umaro Embaló, président de la Guinée-Bissau.
Frank-Walter Steinmeier(Allemagne)
Sergio Mattarella(Italie)
Andrzej Duda(Pologne)
Zoran Milanovic(Croatie)
Roumen Radev(Bulgarie)
Alar Karis(Estonie)
Alexander Stubb(Finlande)
Gitanas Nausėda(Lituanie)
Ekateríni Sakellaropoulou(Grèce)
Salomé Zourabichvili(Géorgie)
Vjosa Osmani(Kosovo)
Henri, grand-duc de Luxembourg
Philippe, Roi des Belges
Albert II, Prince de Monaco
Hauteur tours : 69 mètres,
H avec la flèche : 93 mètres,
L totale : 128 mètres,
L nef : 69 mètres, L transept : 14 mètres L chœur : 36 mètres,
H roses Nord et Sud : 13.10 mètres,
H sous toit : 49 mètres,
Hauteur voute : 33 mètres,
Nombre de chênes pour refaire la charpente dite la Forêt : 2400 chênes issues de forêts privées ou publques
Superficie totale : 4800 m2
Cause de l'incendie : Les enquêteurs privilégient la piste d'un « dysfonctionnement du système électrique ou celle d'un départ de feu occasionné par une cigarette mal éteinte »*. Le sinistre aurait donc, selon toute vraisemblance, une originelle accidentelle.
La Fréquentation de la Cathédrale Notre-Dame de Paris :
13 millions de visiteurs environ, venus du monde entier, entrent dans la cathédrale Notre Dame. Ce qui revient, en moyenne, à environ 30 000 personnes par jour. Jusqu'à 50 000 pèlerins et visiteurs peuvent pénétrer dans la cathédrale en une seule journée, les jours de grande affluence notamment associés aux grandes fêtes religieuses catholiques.
Notre-Dame demeure avant tout un lieu de cultes et les chiffres donnent ici, une fois de plus, le tournis : plus de 2000 célébrations sont organisées chaque année, avec 5 messes quotidiennes au minimum, et 7 offices le dimanche.
Voir aussi autres articles sur la cathédrale Notre-Dame de Paris :
Une visite-conférence du 3 mars 2023 par Patrice Walhen, conférencier Fondation du Patrimoine
Historique de l'édifice, ex-cathédrale et description de la façade de pierre par Fabrice
Le jugement de Salomon, haut relief du XIVème siècle
Bethsabée est la fille d'Ammiel et la femme d'Urie le Hittite. Le roi David, se promenant sur la terrasse de son palais, aperçoit Bethsabée en train de se baigner. Bien qu'il ait appris qu'elle était mariée à Urie, l'un de ses soldats parti assiéger une ville, il fait enlever cette femme, la contraint, et elle tombe enceinte et le lui fait savoir. David rappelle le mari de Bethsabée de la guerre pour qu'il dorme avec sa femme, mais celui-ci refuse. Le roi pousse alors le commandant de son armée, Joab, à lancer une attaque hasardeuse dans le but de faire périr Urie au combat, ce qui finit par arriver.
Après la période de deuil, David épouse Bethsabée et l'enfant de leur union naît
La parabole de l'Enfant Prodigue La vie de Saint-Jean La vie de Saint-Etienne
Le deuxième hôtel
Le thème du Jugement dernier sur le portail central
La vie des apôtres La vie de Saint-Etienne
Jeanne d'Arc allant à Chinon s'arrêta à Auxerre le dimanche 27 février 1429 et vint prier dans la cathédrale alors en construction.
Le 2 juillet 1429, la cité d’Auxerre voit le passage de Jeanne d’Arc, accompagnée de l’armée royale, en route pour le sacre de Charles VII à Reims.
Les chapiteaux de la cathédrale
La cathédrale est visitée par le groupe sous la conduite du conférencier Patrice
La cathédrale actuelle, qui a d'ailleurs perdu son titre au profit de la cathédrale de Sens, est le cinquième édifice bâti sur ce site. La première cathédrale ou mater ecclesiae fut peut-être érigée par saint Amâtre (386-416). Incendiée, elle fut reconstruite au IXe siècle par l'évêque Hérifride, L'Évêque Desiderius dit Saint Didier d'Auxerre (603-621), ajouta à son église une abside décorée d'une mosaïque à fond d'or à l'exemple de celle de Syagrius à Autunpuis à nouveau détruite par les flammes un siècle plus tard.
Le troisième sanctuaire fut érigé sous l’épiscopat d’Hérifried (887-909). C’est aussi un incendie qui ravagea en 1023 cette cathédrale, ainsi qu’une grande partie de la ville.
Une cathédrale romane fut alors édifiée par Hugues de Châlon. Bâtie en pierre, la nouvelle église fut consacrée en 1057 par l'évêque Geoffroy de Champallement. Son chœur, flanqué de deux tours, reposait sur une crypte qui lui servait de soubassement en raison de la pente du terrain vers l’Yonne. Cependant, à la mort de Hugues de Châlon la construction n'est pas finie : pour les vitraux du chœur, seuls ceux du fond sont terminés ; et les tours des cloches ne sont montées que jusqu'au bas de la toiture de l'église. Ces éléments sont achevés par Robert de Nevers (1076-1084). Ce dernier fait aussi deux ouvertures dans la crypte de Hugues de Châlon, pour donner plus de lumière.
Édification de la cathédrale gothique : 1220-1550
Vue de la face nord de la tour nord de la cathédrale d'Auxerre.
L'édification de la cathédrale actuelle débuta en 1215, sous l'épiscopat de Guillaume de Seignelay, sur base du vaste édifice roman dont subsiste toujours aujourd'hui la crypte du xième siècle. Les travaux de démolition construction démarrèrent simultanément au niveau du chœur (au-dessus de la crypte) et de la tour sud de la grande façade occidentale. Mais les successeurs de Guillaume de Seignelay étaient beaucoup moins enthousiastes que lui, et les travaux avancèrent lentement.
En 1235 cependant, à la suite de l'épiscopat d'Henri de Villeneuve (1220-1234), le gros œuvre du chœur était terminé. On débuta dès lors la pose des vitraux du déambulatoire, laquelle ne se termina que vers 1250. Les travaux de la façade occidentale et de la nef démarrèrent alors, mais très lentement.
À la fin du xiiième siècle, on dut exécuter des travaux de consolidation du chœur dus à un problème d'équilibre des forces. En 1300, on entreprit la construction du croisillon sud du transept dont le portail est consacré à saint Étienne. Le tympan de ce portail fut sculpté vers 1320.
La destruction de l'ancienne nef romane, afin d'élever la nef gothique, eut lieu au début du xivéme siècle. Après quoi on éleva la nef dans les années 1320-1350, et de 1345 à 1355, on réalisa les chapelles latérales des bas-côtés de la nef. Mais les vicissitudes de l'époque liées à la guerre de Cent Ans retardèrent le chantier ; ainsi le bas-côté sud ne fut achevé que vers 1378 et au début du xvème siècle, le croisillon nord du transept et les tours n'avaient pas encore été entrepris.
La pose des vitraux de la nef se fit de 1390 à 1410, et en 1403, le chapitre de la cathédrale commanda au charpentier Odon Gauthier les portes de la façade occidentale.
En 1415 débute la construction du bras nord du transept. Le portail de ce croisillon fut consacré aux saints de l'église d'Auxerre, en particulier à saint-Germain, saint Pèlerin et Saint-Amâtre. On considère que le tympan du portail de ce croisillon fut sculpté vers 1415. Mais la construction de ce bras nord ne s'acheva que sous l'épiscopat de Jean III Baillet (1477-1513).
En 1478 eut lieu la construction des voûtes de la nef et en 1500, on commença enfin les travaux de la tour nord. Le deuxième niveau de celle-ci se termina en 1525 sous l'épiscopat de François Ier de Dinteville (évêque de 1513 à 1530).
Comme ces travaux nécessitaient des finances importantes, Louis XI confirma en par lettres patentes sa protection royale et les privilèges de l'église.
En 1528, la pose de la verrière et de la rosace de la Vierge des Litanies du bras nord du transept est réalisée par Germain Michel.
En 1543, la tour nord était enfin terminée, sous l'épiscopat de François de Dinteville II (1530-1554), neveu du son prédécesseur.
En 1550, on posa la verrière du bras sud du transept (oculus central représentant Dieu le Père et 8 lancettes consacrées à l'histoire de Moïse), ainsi que la verrière de la façade occidentale. Les deux verrières sont l'œuvre du maître verrier Guillaume Cornouaille.
L'édifice est très dégradé par les protestants durant les guerres de religions
Les vitraux de la cathédrale :
De 1567 à la Révolution :
À cette époque les guerres de religion mirent fin à tout espoir de terminer un jour la façade de la cathédrale (et la tour sud). En 1567 les protestants, conduits par les capitaines Louis de Blosset, Jean de La Borde et François Marraffin, mirent la ville à sac. L'édifice eut à en souffrir si bien qu'en 1576, l'évêque Jacques Amyot (1571-1593) fit entreprendre la restauration de la cathédrale, dont celle des verrières du chœur6.
Ainsi la construction, demeurée inachevée, s'est étendue sur plus de trois siècles ; la tour sud ne fut jamais construite.
En 1690 fut détruit le labyrinthe dont disposait la cathédrale, qui existait déjà en 13348.
En 1764, le jubé Renaissance dû à François Ier de Dinteville fut détruit et remplacé par les grilles de chœur, œuvre du ferronnier parisien Dhumier avec des portes dues à Sébastien-Antoine Slodtz sur des dessins de Claude-Nicolas Ledoux.
La Révolution causa d'innombrables dégâts à l'édifice et à son mobilier. On supprima le diocèse en 1790 et peu après, on transforma Saint-Étienne en Temple de la Raison. On démonta stalles et grilles pour installer dans le chœur un théâtre en gradins destinés aux cérémonies républicaines. Des chefs-d'œuvre d'orfèvrerie furent envoyés à la fonte. La belle statue de saint Étienne agonisant, située près du maître-autel, œuvre de Louis-Claude Vassé, échappa à la destruction car on en fit alors un Marat agonisant dans son bain. Les vitraux furent menacés de destruction, mais comme leur remplacement par du verre blanc eût coûté trop cher, la décision ne fut fort heureusement jamais prise. Enfin la crypte servit de cave au préfet du département qui occupait les locaux de l'évêché tout proche.
De 1801 à nos jours :
Plan de 1857 de Saint-Étienne
En 1840, grâce à Prosper Mérimée, Saint-Étienne est inscrit sur la liste des édifices classés monuments historiques. De grands travaux de restauration eurent lieu tout au long du xixème siècle. Eugène Viollet-le-Duc restaure la crypte de 1844 à 1848. Il y effectue des travaux de consolidation des piles, de restitution des baies d’origine, de dallage du sol.
En 1866, démarre une grande campagne de restauration de la cathédrale gothique, sous la direction de l'architecte Piéplu. Les vitraux sont restaurés ou complétés de 1866 à 1880 par les verriers Vessières frères, puis à nouveau en 1925-1930 par David.
Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, une dizaine de boulets de canon prussiens sont tirés sur la cathédrale. L'un d'eux vient malheureusement pulvériser la belle verrière droite du chevet de la chapelle axiale, datant de la première moitié du xiiième siècle.
Depuis l'année 2001, une campagne de restauration générale de la cathédrale est en cours. Elle est financée par l'État, la région de Bourgogne, le département de l'Yonne et la ville d'Auxerre. Cette campagne concerne notamment les couvertures du sanctuaire ainsi que la remise en état de la grande façade occidentale, et plus particulièrement la restauration des trois portails et de leur statuaire.
Les reliques de la cathédrale : morceaux du brancard de Saint-Germain
La crypte de la cathédrale :
La crypte romane du XIème siècle est située sous les chœur de la cathédrale siècle. On y accède par la partie sud du déambulatoire de l'église haute (c'est-à-dire à droite du chœur). La crypte, qui date de 1023, est la partie restante de l'édifice roman qui a précédé la cathédrale actuelle
Une étrange collerette de la crypte
Les frises de la crypte
Le Trésor de la cathédrale
Don d'un collectionneur privé à l'édifice.
Photographie de la mise au tombeau du Christ : en cours
Croix du Christ en cristal de roche
Le trésor originel de la cathédrale Saint-Étienne d’Auxerre a été dispersé trois fois au cours de l’histoire : en 1359 lors de la prise de la ville par les Anglais au cours de la guerre dite de Cent Ans, en 1567 lors du sac de l’édifice par les Protestants, et enfin en 1790, à la Révolution française. L’actuel trésor est composé des quatre cents pièces que Germain Duru, collectionneur auxerrois, a légué à la paroisse Saint-Étienne en 1869. Une partie de cet ensemble est présentée au public dans la chapelle Sainte-Catherine, datée du XIVe s., en attendant la réalisation d’une exposition plus vaste dans l’ancienne salle capitulaire. Les visiteurs peuvent ainsi admirer, entre autres choses, des vases sacrés (XVe-XIXe s.), des émaux limousins (XIIIe s.), des ivoires sculptés (diptyques, triptyques...), des manuscrits et miniatures (XIVe-XVIe s.), des statuettes de la Vierge et des saint(e)s en bois. Les deux pièces maîtresses exposées sont le splendide missel manuscrit de Monseigneur Étienne Becquart de Panoul, archevêque de Sens à la fin du XIIIe s, ainsi qu’une impressionnante mise au tombeau de la Renaissance peinte sur ardoise et attribuée à Luca Penni, artiste de l’École de Fontainebleau (vers 1540).
Merci à Patrice, notre conférencier du jour
Bibliographie du conférencier : en cours
Office de Tourisme d'Auxerre :
Adresse :7, place de l'Hôtel de Ville, 89000 Auxerre