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Présentation de l'artiste et de quelques-unes de ses promenades, de ses visites, de ses œuvres : dessins, aquarelles, lavis à l'encre et photographies
Une nouvelle visite au cimetière des chiens à Asnières-sur-Seine le 27 juillet 2025 avec les Randonneurs Ovillois au départ de la gare d'Asnières et en direction de la gare de Gennevilliers.
L'entrée du cimetière, de style art nouveau d'Eugène Petit, architecte dont on peut retrouver sa signature dans les façades du 18, rue du Général Beuret, XVème arrondissement de Paris.
Marguerite Durand 1834- 1936 fondatrice du premier cimetière pour animaux le 2 mai 1899 avec Georges Harmois, avocat
Portrait de Marguerite Durand 1864-1936 par Jules Cayron, peinture de 1897
Marguerite Durand, après une vie très chargée, désirait offrir une résidence estivale où les femmes journalistes pourraient prendre du repos. La maison Les trois marches de son amie Caroline Rémy dite Séverine (1), décédée le 24 avril 1929, et avec laquelle elle avait collaboré au journal féministe La Fronde, était inoccupée. Située à Pierrefonds, en bordure de la forêt de Compiègne; à proximité de Paris, l'emplacement était idéal. Marguerite en fit acquisition, non sans difficultés financières, et s'y installa pour l'aménager. Usée par des soucis d'argent, elle passa les dernières années de sa vie entre sa maison de Pierrefonds et sa bibliothèque dont elle fit dont à la ville de Paris en 1932. Elle ne cessa d'y travailler, d'y classer les documents, d'y recevoir chercheurs et curieux. Elle y mourut le 16 mars 1936 à l'âge de 72 ans et fut enterrée au cimetière des Batignolles.
Chiens, chats, oiseaux, lapins, souris, hamsters, poissons, tortues, le cimetière accueille encore de nos jours toutes sortes d'animaux, et en a accueilli des plus étonnants encore, comme des vaches, des veaux, des cochons, des poules, des moutons, et même un lion, un lémurien ou encore un fenec. Une bien belle faune !
En tout, plus de 40 000 animaux y ont été enterrés, depuis l'ouverture du cimetière à l'été 1899 ! Petite anecdote émouvante, le 40 000ème animal a avoir rejoint le cimetière est un chien errant anonyme, venu finir ses jours devant les grilles du cimetière.
Les animaux, la mort et nous :
« Peu nous importe que l’on nous raille, lorsque nous crions bien haut que la dépouille du chien vaut mieux que la boîte à ordures ou le trou de l’égout ». C’est par ces mots que l’avocat Georges Harmois défendait, à la fin du XIXe siècle, la création d’un cimetière pour chiens à Asnières. L’idée d’offrir une sépulture à des animaux de compagnie suscitait alors l’hilarité ou le mépris, dans une société où ceux-ci étaient encore perçus comme des quasi-objets.
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Il n’en a pas toujours été ainsi. Nombre de civilisations anciennes inhumaient leurs animaux, à commencer par les Égyptiens. Même dans l’Europe chrétienne du Moyen-Âge, qui ne reconnaît de salut qu’à l’être humain, la question de l’âme des bêtes n’est jamais tout à fait tranchée. Reflet de cette ambigüité, plusieurs d’entre elles furent condamnées à mort lors de procès d’animaux qui se tinrent au moins jusqu’à la Révolution, quand un perroquet fut jugé pour avoir la fâcheuse habitude de crier « Vive le Roi ! ».
Ces projections anthropomorphistes nous paraissent aujourd’hui aussi étranges que la notion d’animal objet : nous trouverions aussi fou de juger un chat que de lui dénier une sépulture. Notre perception a changé, et la législation s’est naturellement adaptée pour accompagner ce changement. L’inhumation et la crémation des animaux de compagnie, de plus en plus souvent personnalisées, sont aujourd’hui des pratiques courantes et encadrées.
Au-delà de l’aspect pratique, c’est bien de nos propres rapports affectifs qu’il s’agit. Que l’on rende hommage à son animal de compagnie lors d’une cérémonie, ou que l’on honore sa mémoire avec une sépulture, c’est un attachement profond que l’on exprime envers un être vivant qui, bien souvent, fait partie de la famille. Pour beaucoup d’enfants, la disparition d’un animal est d’ailleurs la première expérience de la mort, difficile et formatrice à la fois.
L’animal de compagnie donne et reçoit la tendresse dont certaines personnes isolées sont privées. Pour d’autres, il est une présence réconfortante dans la douleur, ou un compagnon dans des moments de joie. Cet attachement, s’il diffère pour certains (mais pas pour tous) de celui qui nous lie aux humains qui nous sont chers, n’en est pas moins noble pour autant : il est, lui aussi, un témoignage d’amour.
Ce constat simple pose pourtant des questions complexes. Doit-on par exemple autoriser les personnes qui le souhaitent à être enterrées avec leur animal de compagnie ou ses cendres ? La loi française l’interdit. Mais la loi est-elle toujours en phase avec les aspirations de la société ? Alors que le député Loïc Dombreval défendra dans quelques semaines devant l’Assemblée nationale « une proposition de loi visant à permettre aux propriétaires décédés de reposer avec leurs animaux », rappelons que la loi actuelle autorise encore l’équarrissage des animaux abandonnés, ou qu’elle dispense les crématoriums pour animaux des règles environnementales qui s’appliquent aux crématoriums pour humains…
La question animale face à la mort pose des dilemmes éthiques qui viennent rappeler la nécessité de faire dialoguer nos convictions personnelles et nos principes collectifs. C’est en réfléchissant ensemble à la place qu’occupent les animaux à nos côtés que nous progressons dans l’élucidation du mystère de l’homme, de sa place et de sa vocation au cœur de l’univers.
Comme presque chacun de nous a pu en faire l’expérience, la vie et la mort d’un animal qui nous est cher est un amplificateur de notre humanité. C’est sur ce consensus qu’il nous faut aujourd’hui trouver les voies d’honorer, à l’heure de leur mort, ces autres créatures dont la vie est tissée à la nôtre.
Thierry Gisserot, Xavier ThoumieuxPDG et fondateurs de FUNECAP GROUPE
De la nécessité d'un cimetière pour animaux
La création de la Société française du cimetière pour chiens et autres animaux domestiques résulte de la concomitance de deux phénomènes :
. La surpopulation de Paris, le souvenir d'épidémies récentes développèrent le souci de l'hygiène attesté notamment par la multiplication des bains-douches sous le Second Empire,
. En second lieu, les préoccupations hygiéniques visèrent aussi les animaux dont la forte concentration dans Paris créait des nuisances et grevait le budget de la ville. Mais la fonction de l'animal se déplace. D'utilitaire, elle s'associe désormais a l'agrément, à une proximité qui concourt à la qualité de la vie du citadin. La mauvaise conscience aidant, l'obsession de salubrité se double de dispositions affectives à l'égard des animaux domestiques. L'idée d'un cimetière, d'une sépulture digne pour le compagnon défunt, germe dans les esprits.
Quelques images des sépultures vues le dimanche 27 juillet 2025 lors de notre visite matinale.
Merci à Hervé pour son accueil chaleureux !
LA CRÉATION DU CIMETIÈRE DES CHIENS D’ASNIÈRES :
Située au Nord-Ouest de Paris, sur la rive gauche de la Seine, la ville d’Asnières-sur-Seine était, au XIXe siècle, une destination dominicale privilégiée pour des Parisiens en quête de verdure et de distractions. L’île des Ravageurs fait alors face aux bords de Seine tant appréciés. À l’époque, elle était occupée par des chiffonniers qui ramassaient tissus, métaux et autres objets abandonnés pour les revendre. Profitant de la toute nouvelle loi autorisant l’enfouissement des animaux, Georges Harmois et Marguerite Durand créent le 2 mai 1899 la Société Française Anonyme du Cimetière pour Chiens et autres Animaux Domestiques et, le 15 juin 1899, la société achète au baron de Bosmolet la moitié de l’île des Ravageurs située en amont du pont de Clichy. Après avoir obtenu l’assurance que la loi du 21 juin 1898 sur l’enfouissement des animaux domestiques serait respectée, le Préfet ne s’oppose pas à la création du cimetière. Ce cimetière, le premier du genre, est officiellement ouvert au public à la fin de l’été 1899. Plusieurs constructions furent projetées, comme un columbarium et un musée des animaux domestiques, mais seuls les jardins, le bâtiment d’entrée et la nécropole furent réalisés. Cette dernière est divisée en quatre quartiers : celui des chiens, celui des chats, celui des oiseaux et celui des autres animaux. L’architecte parisien Eugène Petit, dont plusieurs immeubles du XIVe arrondissement portent la signature, est chargé de dessiner l’entrée du cimetière. Il concevra le portail de style Art Nouveau, flanqué de deux portes pour le passage des piétons. En 1975, le comblement du bras de Seine, rendu possible par la disparition d’une seconde île, l’île Robinson fait perdre au cimetière son caractère insulaire. Après sa création, le cimetière connaît un succès croissant mais rencontre des difficultés chroniques. La plus récente est celle de 1986 quand le conseil d’administration décide l’arrêt de toute activité et la fermeture définitive du cimetière pour le mois de septembre 1987. Très émus, les concessionnaires et les amoureux du vieux cimetière se mobilisent. La Mairie d’Asnières prépare alors un plan de sauvetage et demande notamment le classement du site. Par arrêté ministériel du 25 juin 1987, la Commission départementale des Hauts-de-Seine, à la demande du Ministre de l’Équipement, Pierre Méhaignerie, inscrit le site du cimetière des chiens compte tenu de son « intérêt à la fois pittoresque, artistique, historique et légendaire ». Par délibération du 29 juin 1987, le conseil municipal décide l’acquisition par voie d’expropriation des lieux et en confie la gestion à une société indépendante. Plus tard, en 1996, le Conseil général des Hauts-de-Seine achève les travaux de consolidation des berges reliant la terrasse du parc Robinson au port Van Gogh par une promenade en bordure de Seine jalonnée de pergolas. Enfin, le 1er février 1997, la Mairie d’Asnières-sur-Seine reprend en main la gestion du cimetière.
La sculpture Alter Ego d'Arnaud Kasper
La sculpture Alter Ego de l'artiste Arnaud Kasper :
« Alter Ego est une sculpture qui rend hommage à l’âme de l’animal et à la relation qui l’unit à l’homme », confie Arnaud Kasper, sculpteur-peintre polymorphe. Il a donné vie à cette œuvre dans la Fonderie Chapon de Bobigny en banlieue parisienne.
Un lieu de recueillement depuis 120 ans
Fondé par la journaliste féministe Marguerite Durand et l’auteur Georges Harmois sous le nom de Société française anonyme du cimetière pour chiens et autres animaux domestiques », ce cimetière pour les animaux défunts fête ses 120 ans d’existence cette année. « J’ai choisi le chat car c’est l’animal préféré des Français. Le chien représente Moustache, un bâtard de fox-terrier. La tête de cheval rend hommage à celui de Mme Durand, enterré ici. Le ouistiti, il y a en un ici, est un animal de compagnie exotique. Quant à la perruche, c’est l’oiseau avec qui on s’identifie, elle vit en couple avec son amoureux… », commente Arnaud Kasper.
Quelques mots sur la S.P.A. et son histoire :
C'est en Angleterre que fut fondée , en 1824, la première société de protection animale. En France, ce qu'est qu'en 1842 qu'une voix s'éleva, celle du vicomte de Valmer, dans le but de défendre une cause trop longtemps négligée. Cet ami des bêtes émettait le vœu que soit créée une société semblable a celle de Londres. Son appel ne fut pas vain. Dés 1845, sur proposition du comte de Grammond, outré des mauvais traitements infligés aux chevaux, il fit décidé de fondé un groupement "dans le but de défendre nos frères qualifiés d'inférieurs". La Société Protectrice des Animaux était née. Sa première action se concrétisa le 2 juillet 1850 par la première loi tendant à protéger les animaux et connue sous le nom de '"loi Grammont".
Le 22 décembre 1866, par décret impérial, la S.P.A. était déclarée d'utilité publique (source documentation de la S.PA.
Le cimetière avant et après (une ancienne île disparue, l'Ile des Ravageurs et l'Ile Robinson aussi)
Le circuit de la randonnée du 27 juillet avec les randonneurs Ovillois
Le lien de cette randonnée de 8 kilomètres au départ de la gare d'Asnières qui passe par le cimetière des chiens et se termine à la gare de Gennevilliers :https://www.visorando.com/randonnee-80108192/
Adresse du Cimetière des chiens
En voiture : un parking est disponible devant le cimetière
4, Pont de Clichy, 92600 Asnières-sur-Seine GPS : N48.910446°E2.297697°
En transports en commun : Métro Ligne 13 station Gabriel Péri
Gare d'Asnières ; 1.5 kilomètre
Bibliographie : L'île aux Chiens Le cimetière des chiens Asnières 1899 naissance et histoire