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Présentation de l'artiste et de quelques-unes de ses promenades, de ses visites, de ses œuvres : dessins, aquarelles, lavis à l'encre et photographies
Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné 1626-1696
Le musée Carnavalet actuel, 23 rue Sévigné 75004 Paris
Historique :
Marie de Rabutin-Chantal naît en 1626 dans l’hôtel de Coulanges, construit par son grand-père 1 bis place Royale (actuellement place des Vosges). Son père décède rapidement, tué lors du siège de La Rochelle. Sa mère rejoint son mari en 1633. Près du grand-père Coulanges, Marie vit à partir de 1637 des années heureuses, au milieu d’oncles et de tantes, dans l’hôtel du 35-37 rue des Francs-Bourgeois, dont il ne reste que peu de traces aujourd’hui.
L’école est faite à la maison, et les enfants ont accès à de nombreuses œuvres d’auteurs contemporains. Guidée par ses oncles, Marie épouse à dix-huit ans le beau Henri de Sévigné, propriétaire du château des Rochers. Ils deviennent marquise et marquis et s’installent 11, rue des Lions-Saint-Paul (la maison existe toujours). Françoise-Marguerite, future comtesse de Grignan bien appréciée de Louis XIV et principale destinatrice des fameuses Lettres, naît en 1647 et son frère Charles, en 1648. Henri fait bientôt la cour à Ninon de Lanclos, puis à Madame Gaudron (ce qui le conduira à la mort, en 1651, des suites d’un duel avec le chevalier d’Albret), et Roger de Bussy-Rabutin courtise la marquise, sans beaucoup de succès.
Le château des Rochers en Bretagne
Même après la mort de son mari, Madame de Sévigné séjourne régulièrement au château des Rochers, jusqu’en 1690. Elle s’est découvert un amour pour la campagne… et la vie bretonne est moins chère que la vie parisienne. Veuve, elle emménage rue Saint-Avoye (actuelle partie de la rue du Temple comprise entre la rue Michel-le-Comte et la rue Saint-Merri).
A vingt-cinq ans, elle se retrouve veuve, mais poursuit son existence mondaine. Elle met toute sa passion dans sa vie familiale. En 1669, sa fille épouse le Comte de Grignan et part le rejoindre en Provence. C’est le point de départ d’une importante correspondance.
Elle fait également de fréquents séjours au Rochers où elle retrouve son fils et à Grignan. C’est d’ailleurs là, auprès de sa fille qu’elle meurt le 17 avril 1696.
Bien qu’elle ait beaucoup voyagé, Madame de Sévigné reste fidèle à Paris et à son quartier favori, le Marais, qui est à cette époque le lieu à la mode. Sa première résidence est son lieu de naissance, l’hôtel de Coulanges, place Royale, actuellement place des Vosges. Elle habitera ainsi à 8 domiciles différents :
- une dépendance de l’hôtel de Coulanges (aujourd’hui au 35-37 rue des Francs-Bourgeois), transformé depuis,
- 11, rue des Lions-Saint-Paul, avec son mari entre 1645 et 1650 (lieu de naissance de sa fille),
- rue Saint-Avoye (actuelle partie de la rue du Temple, comprise entre Michel-le-Comte et la rue Saint-Merri),
- 8, rue de Thorigny (hôtel disparu), avec sa fille et son gendre,
- rue du Parc Royal, chez ses cousins Coulanges, entre fin 1671 et mai 1672, car la variole menace la rue Thorigny,
- 14, rue des 3 pavillons, actuellement rue Elzévir , entre mai 1672 et 1677,
- 8, rue Courtauvilain, actuellement rue de Montmorency. La maison n’existe plus,
- sa dernière et plus chère résidence était rue de la Culture Sainte-Catherine, devenue rue de Sévigné : l’hôtel Carnavalet qu’elle loue à un financier entre 1677 et 1696.
Elle fréquente de nombreux salons littéraires se tenant dans des hôtels particuliers, le plus prisé à cette époque étant l’hôtel de Rambouillet (rue Saint-Thomas du Louvre, actuellement dans la cour Napoléon du Louvre) détruit en 1848.
Les voyages de Madame de Sévigné et sa fille Sources Librairie Hachette 1935
Une autres biographie de Mme de Sévigné
Marie de Rabutin-Chantal naquit à Paris le 5 février 1626. Orpheline de bonne heure, elle fut d’abord élevée par son grand-père et sa grand-mère maternels, M. et Mme de Coulanges. Mais ceux-ci moururent bientôt, et l’enfant fut confiée à l’aîné de leurs fils, l’abbé de Coulanges, celui que Mme de Sévigné appelait plus tard le "Bien bon". L’abbé fit donner à sa nièce une excellente instruction : Ménage lui enseigna, avec le latin, l’espagnol et l’italien. En 1644, Marie de Rabutin-Chantal épousa le marquis Henri de Sévigné, parent du cardinal de Retz. Le marquis ruina sa femme, et, pour une querelle de jeu, il se battit en 1651 avec le chevalier d’Albret, qui le tua. De ce mariage étaient nés deux enfants : Françoise-Marguerite et Charles.
Mme de Sévigné se retira pendant trois ans à la campagne, aux Rochers, près de Vitré en Bretagne. Elle remit de l’ordre dans sa fortune, grâce aux conseils du "Bien bon" ; et en 1654, elle revint à Paris, où elle fréquenta l’Hôtel de Rambouillet et s’occupa de l’éducation de ses enfants. Puis elle présenta sa fille à la cour, et la maria en 1669 au comte de Grignan, deux fois veuf, et lieutenant général en Provence. Mme de Grignan dut, en 1671, rejoindre son mari.
Cette séparation fut douloureuse : Mme de Sévigné idolâtrait sa fille. Et nous devons à cette circonstance et à ce sentiment un peu outré, la plus grande et la plus vivante partie des lettres de la marquise. D’ailleurs, elle n’aimait pas moins son fils, Charles de Sévigné, doué d’un cœur plus ouvert et d’un tempérament plus expansif que Mme de Grignan. Charles fut brave soldat, prit part à plusieurs campagnes, et finit par se retirer en Bretagne. Mme de Grignan eut trois enfants : Marie-Blanche, que Mme de Sévigné appelle « ses petites entrailles », et qu’elle garda chez elle, à Paris, pendant trois ans ; on la sacrifia aux intérêts des deux autres enfants, en la mettant, dès l’âge de six ans, au couvent de la Visitation d’Aix, d’où elle ne sortit plus ; Pauline, dont il est si souvent question dans les Lettres, et qui devint Mme de Simiane ; et Louis-Provence, le petit marquis, qui fut bon officier, et à qui sa mère fit épouser, en 1694, la fille d’un fermier général… « Il faut bien fumer ses terres. »
C'est donc pour distraire sa fille, qui s'ennuyait au milieu des fêtes et des tracasseries de la société provençale que Mme de Sévigné entreprend de transposer Paris et Versailles à Aix. Elle lui écrit tous les jours pour la tenir au courant de tout ce qui pouvait l'intéresser ; mais surtout elle lui parlait de ses sentiments : l'amour maternel, avec toutes ses nuances, tantôt exalté, tantôt inquiet, tantôt désolé, tantôt joyeux.
Mais ces lettres constituent également un témoignage de premier ordre sur les temps de Mme de Sévigné, la société et la cour de Louis XIV.
Mme de Sévigné, qui recevait souvent à Paris sa fille et ses petits-enfants, allait aussi les visiter à Grignan. Elle se trouvait dans ce château, en avril 1696, quand elle fut atteinte de la petite vérole, et mourut.
Marie de Sévigné en Bretagne Les Rochers et sa statue à Vitré
Le château de Grignan dans la Drome provençale
La marquise décède à Grignan le 17 avril 1696. Elle y repose sous une dalle de marbre blanc, dans l’église Saint-Sauveur.
La fontaine de Grignan avec Madame de Sévigné
Mme de Sévigné et sa fille Madame de Grignan
Un des écrits de Mme de Sévigné à sa fille Françoise-Marguerite, Madame de Grignan : merci à Muriel de son rappel de littérature
En des circonstances similaires à ce que nous vivons,
voici ce que Madame de Sévigné écrivait à sa fille Madame de Grignan en 1687.
Merci à Muriel de ce rappel de littérature.
« Jeudi, le 30ème d'avril de 1687
Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !
Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements.
Monsieur Vatel, qui reçoit ses charges de marée, pourvoie à nos repas qu'il nous fait livrer,
Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une comédie de Monsieur Corneille "Le Menteur", dont on dit le plus grand bien.
Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode.
Heureusement, je vois discrètement ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous régalons avec les Fables de Monsieur de La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste » ! « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés »".
Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grand'mode. tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer,
Je vous embrasse, ma bonne, ainsi que Pauline. »
Petit circuit Madame de Sévigné à Paris
Généalogie de Madame de Sévigné :
Sources : Secrets d'Histoire "La Marquise de Sévigné, l'esprit du Grand Siècle"
L’Hôtel Carnavalet, Musée de la Ville de Paris, situé au 23, rue Sévigné, 75003 Paris, tél. 01 44 59 58 58, fax 01 44 59 58 10 61) est ouvert de 10h à 17h40, sauf les lundis et jours fériés. Gratuit sauf expositions temporaires. Lien musée : www.carnavalet.paris.frLe château des Rochers-Sévigné, route d’Argentré-du-Plessis 35500 Vitré
Tél. 02 99 75 04 54) vaut le détour. Ne pas rater en particulier le "petit rediseur de mots jusqu’à l’oreille", système acoutisque étonnant, au centre de l’hémicycle de pierre dans les jardins du château.
Un billet unique permet de visiter tous les musées vitréens - Renseignements : Service Musées - Tel. 33 (0)2 99 75 04 54 - Visites guidées de la Ville, s'adresser à l'Office de Tourisme, Tel. 33 (0)2 99 75 04 46
Du 01/05 au 30/09, tous les jours de 10h à 12h45 et de 14h à 18h. Du 01/10 au 30/04, ouvert de 10h à 12h15 et de 14h à 17h30, fermé le mardi
Bibliographie (à compléter)Les écrivains du Marais. Promenade littéraire autour de la Place Royale. Le Promeneur des Lettres (tél : 01 40 50 30 95). Madame de Sévigné à Grignan. Article de Paul-Émile Cadilhac dans Demeures inspirées et sites romanesques, tome I, Editions de l’Illustration. Paul-Émile Cadilhac et Robert Coiplet. Le Val-de-Marne de Madame de Sévigné, article de Mireille Gérard dans Balade en Val-de-Marne sur les pas des écrivains, Éditions Alexandrines.